Posterous theme by Cory Watilo

Disons Wii à l'école!

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Suite à mon article précédent, je me suis dis qu'il serait utile de préciser ma pensée avec un organigramme en résumant la mise en oeuvre. Mais aussi pour visuellement en montrer le potentiel.

Vous pouvez télécharger la version PDF de ce document.

Mise à jour : J'ai ajouté plusieurs mentions au schéma : 

  • la possiblité de lire des vidéos (divx etc) avec WiiMC notamment
  • l'utilisation d'un logiciel homebrew, comme WiiWhiteboard, pour transformer la Wii en TBI
  • une référence explicite au vidéo-projecteur ou à une TV pour afficher les images de la Wii

Enfin, je profite de cette mise à jour pour vous indiquer le répertoire des programmes développés par la communauté homebrew. Il y a de vrais pépites pour l'éducation.

TIC & pédagogie : Wii et alors?

Les discussions avec les collègues à propos des TIC me conduisent systématiquement à rappeler que l’outil n’est pas l’alpha ni l’omega. La démarche pédagogique est le moteur. L’outil un rouage. Qui peut démultiplier l’enthousiasme des apprenants. Catégorie dans laquelle je range d’ailleurs les enseignants. Surtout en ce qui concerne les TIC, domaine où les professeurs français ont tout à gagner à repenser leur positionnement vis à vis des élèves.

Par ailleurs, et de manière paradoxale pour moi, l’Apple addict, je défends régulièrement l’idée de la reconversion technologique : le matériel informatique inutilisé ici peut retrouver là une seconde jeunesse. Ou ce qui ne paraît pas pédagogique a priori peut le devenir avec un peu d’imagination. Lors d’une conversation électronique, avec l’une de mes collègues, j’expliquais sur le ton de la boutade que même avec un lave-vaisselle, ou une ponceuse, je pourrais faire de la pédagogie. Ce n’est finalement pas tant une plaisanterie que cela.

En pleine phase de bouclage budgétaire pour la i.Classe 204, je me suis de nouveau penché sur mes pratiques. Mais aussi sur la manière la plus pertinente d’intégrer les TIC comme de l’huile dans un moteur. Pour que chaque pièce mécanique puisse donner la pleine mesure de ses capacités. Il en va de la confiance ; de l’engagement ; de l’enthousiasme de mes élèves.
Parmi les outils investis, il en est un nouveau ancien. Une étrange chose que peu envisagent dans une salle de classe : Il s’agit de ma bonne vieille GameCube.

Cette console de jeux qui vient de fêter ses dix ans a trouvé sa place dans l’espace classe à l’occasion du chapitre sur la guerre froide en 3ème. Il s’agissait d’ouvrir le chapitre avec l’étude de l’uchronie présentée dans le jeu Freedom Fighters. Une réussite. Les élèves se sont pris au jeu au sens propre comme au sens figuré. L’outil détourné s’est rapidement fait transparent au profit d’un véritable travail intellectuel sur la construction d’une uchronie. Mais aussi, et surtout, sur sa déconstruction pour bâtir une nouvelle chronologie de la guerre froide à partir de l’enquête des élèves.

Cette expérience a immédiatement fait germer dans mon esprit de futures applications : pourquoi ne pas étudier la représentation de la seconde guerre mondiale dans la série des Medal of Honor? Il y là, par exemple, une piste tout à fait enrichissante. Comme on pourrait étudier la vision du monde actuel dans les récentes productions vidéoludiques.

D’où l’idée saugrenue de troquer ma GameCube pour ma blanche Wii...

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Utiliser la Wii en classe, c’est mettre sur la table une série de problématiques actuelles : utilité d’un ENT? ; comment rendre la technique transparente pour ne pas freiner l’audace pédagogique naissance? ; Quel coût pour des TIC pertinentes?

Cherchons à répondre, à notre échelle, c’est à dire en toute modestie, à ces questions.

Est-ce qu’un walled garden (un jardin fermé) est une bonne voie pour éduquer nos élèves aux usages des TIC? Répondre à cette question, c’est un faire un sort aux ENT. Je confesse que je n’ai pas d’avis tranché sur la question. Peut-être que pèsent sur mes épaules ces longues années à découvrir le monde numérique dans les jardins d’eWorld et d’AOL. Je garde une certaine nostalgie pour ces réseaux privés où régnait cette ambiance si chaleureuses des early adopters. Et dans une certaine mesure, les ENT sont une sorte de revival de ces réseaux, mais dans un cadre purement scolaire.

Or, installer une Wii en classe, c’est bâtir un ENT.
(download)
Un Mii par élève et par prof, se connaître en s'amusant?

Chaque élève - et enseignant - peut disposer de son Mii (avatar) qui peut être crée lors des premières heures de cours. Ou qui peut être importé de l’extérieur si l’élève dispose d’une Wii à la maison ou d’un logiciel de création de Mii. Les Mii crées se retrouvent ensuite sur un véritable forum numérique.

La Mii Plaza

Il est d’ailleurs possible d’importer des Mii prestigieux : Barack Obama ou François Hollande par exemple. La création de «Mii historiques» peut d’ailleurs être une très sympathique activité pour rendre l’exercice de la biographie moins ennuyeux!
Les élèves peuvent ensuite envoyer des eMails avec la Wii, les Mii étant utilisés pour identifier l’auteur. Et lors de la réception d’un courriel, le lecteur de disque de la console produit un halo bleu des plus zen...

Quand la classe reçoit un eMail, une lumière bleue est visible

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La navigateur internet de la Wii est compatible avec Flash

La console disposant d’un contrôle parental, et émettant un rapport d’activité quotidien, le navigateur de la Wii (bâti sur le navigateur Opéra) peut rassurer l’enseignant : comme pour les réseaux privés aujourd’hui défunts, la navigation ne se fait pas entièrement à l’aveugle. Mais il demeure que le surf ne saurait se priver d’une boussole. En l’occurrence le prof.

 
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La chaîne Infos, un moyen simple de faire une revue de presse

La Wii, comme un ENT, peut être un véritable portail. De la sorte, la chaîne infos intégrée peut être tout à fait pertinente pour démarrer ses cours avec une revue de presse. Cela a particulièrement du sens en 3ème. Prendre 5 minutes en début de cours pour une revue de presse animée par des élèves est un très bon exercice : lecture analytique ; prise de parole orale ; synthèse ; décryptage du cycle de l’information (la chaîne infos va puiser dans les dépêches de l’AFP).

Avec Wii Talk, quatre correspondants peuvent dialoguer en direct et simultanément
Avec le micro Wii talk (d’excellente facture au passage), la Wii peut devenir aussi un mur des pensées. Les élèves peuvent enregistrer de courtes interventions (30 secondes) ; envoyer des messages vocaux ou même participer à des conférences audio. Et ceci, sans à avoir à créer de comptes Google, Skype etc. Ce qui pose toujours des problèmes dans un cadre scolaire.

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WiiMC est un très bon exemple des possibilités de la Wii avec des programmes homebrew
WiiMC en action

Cet outil connu des élèves (et de nombreux parents d’ailleurs) peut d’ailleurs se substituer à un ordinateur pour de nombreuses tâches. La console dispose de deux ports USB. On peut notamment y brancher un clavier USB : indispensable pour écrire des eMails ou des post-its. Mais avec un peu de retouche logicielle, on peut aller beaucoup plus loin!
En effet, il est possible d’installer des logiciels dits «homebrew» qui vont démultiplier les possibilités de la Wii : y connecter un disque dur et faire de la console un véritable Media Center (l’application WiiMC permet de visionner divx, DVD, photos ou se connecter aux podcasts d’iTunes) ; faire tourner Windows ou Linux ; afficher des eBooks ; ou bien transformer la console en TBI! 

WiiEarth, autrement dit, Google Earth sur Wii

Tout cela pour 150€. Du serious Game à Google Earth (avec l’application WiiEarth) en passant par le TBI (avec la tablette uDraw par exemple).

Deux Wii remotes pour un TBI low-cost

Outil détourné incontestablement. Ludique certainement. En devenir, avec la probable chute de prix de la machine d’ici novembre prochain? Aux plus audacieux, et bricoleurs, d’y répondre!

 

 

 

L'iPod touch peut-il remplacer un ordinateur?

Un collègue me demandait récemment conseil concernant l'iPod touch. Sa question était en apparence simple : l'iPod touch peut-il me servir d'ordinateur ultra-portable?

Je m'étais déjà posé cette question il y a de cela plusieurs mois, bien avant l'arrivée de l'iPad de première génération. Aux temps d'iOS 3.1, l'iPod touch avait déjà de quoi remplacer dans de nombreux cas un ordinateur. Mais les carences restaient nombreuses notamment du fait de lacunes matérielles.

Or, depuis la quatrième génération d'iPod touch et surtout l'avènement d'iOS 5, bon nombre de ces lacunes ont été comblées. La question de mon collègue ne pouvait que recevoir une réponse complète. Cet article s'en fait l'écho.

Ceux qui lisent régulièrement ce blog savent que les iPod touch sont une pierre angulaire de l'équipement de ma salle de classe. Bien plus que l'iPad en fait. Je peux donc mesurer au quotidien l'usage de cet appareil. Quels en sont les utilisations?

  • Composition de textes, tableaux et présentations enrichis (j'entends par là avec photos ou vidéos) au moyen de la suite iWork
  • Recherche documentaire avec l'encyclopédie Hachette
  • Travaux collaboratifs avec "tableau blanc interactif" (avec l'application Whiteboard) ou Sundry Notes
  • Tweetwall / clavardage avec WiChat
  • Consultation de manuels ou documents de travail en pdf / ePub avec iBooks
  • Prise de contrôle de l'iPad avec Remote pour iTunes et Keynote
  • Réalisation de podcast audio et vidéo avec GarageBand et iMovie

C'est là le cœur d'utilisation des iPod. Il m'arrive régulièrement de tourner parmi les groupes avec un iPod pour prendre en photo les activités pour ensuite décharger les clichés sur le serveur de la classe en vue d'une publication sur notre compte Twitter (@i_classe204).

On a donc bien un ensemble d'usages typiques d'un ordinateur classique. Poursuivons.

  • Il est possible d'utiliser l'iPod touch avec un clavier externe. En filaire ou en Bluetooth. Dans ma salle de classe, il y a à disposition mon clavier / dock initialement sorti pour l'iPad de première génération. Ça marche très bien tout en permettant de charger l'iPod ou de diffuser sur la chaîne stéréo des enregistrements d'élèves par exemple. Par ailleurs, j'ai aussi rapporté un clavier Mac que l'on peut raccorder en USB grâce au dongle USB du caméra kit proposé par Apple. Sur l'utilisation de ces claviers, il n'y a que le dock qui est vraiment utilisé. Essentiellement pour une reprise en classe entière. Preuve en est que pour les élèves, le clavier virtuel n'est pas absolument pas problématique.
  • Concernant la taille de l'écran, là on ne peut faire grand chose. L'iPod touch ne prend pas en charge, à l'heure actuelle du moins, la recopie d'écran comme l'iPad 2/3 et l'iPhone 4S. Néanmoins certains application prenant en charge l'adaptateur VGA peuvent envoyer un signal vidéo vers un vidéo projecteur ou un écran LCD par exemple.
  • On peut télécharger des documents (pdf, vidéo...) à partir du web ou d'un serveur local pour les réutiliser. À condition d'avoir les applications qui conviennent
  • Avec le caméra kit, il est possible de récupérer ses photos prises avec un APN et de gérer ses clichés avec iPhoto.
  • Pour l'impression, la prise en charge est identique à celle de l'iPhone ou de l'iPad. L'idéal est une imprimante compatible AirPrint sur un réseau wifi.

Pour conclure, je devrais essayer de me passer de tous mes outils numériques au profit du seul iPod touch. Je suis convaincu que je parviendrais à m'en sortir sans trop de problèmes. Question d'habitude certainement. Avec une connexion wifi, l'ipod touch est clairement un ordinateur de poche très performant. Vidéoconférence, bureautique, dessin, son et vidéo... Bien peu de choses manquent à l'appel.

L'idée est donc séduisante d'avoir dans sa poche un véritable ordinateur qui contient l'ensemble de ses données. En somme, ceux qui ont pu vivre pleinement leur vie numérique avec un Palm (il y a d'ailleurs un Zire 72 encore en usage dans la i.classe! Le PDA contient Wikipédia offline au format MobiPocket) n'auront aucun mal à envisager l'iPod touch comme un ordinateur à part entière.

Je terminerai avec une nuance financière. J'imagine toutefois mal l'iPod touch comme ordinateur principal avec le modèle d'entrée de gamme. 8 Go de mémoire, c'est trop peu, en dépit des possibilités "dans le nuage" (iCoud ou Dropbox par exemple). Le deuxième modèle à 32 Go paraît plus raisonnable. Mais pour le coup, le coût est plus important. De ce point de vue, acheter sur le refurb de l'Apple Store est un excellent plan. On peut faire des économies de l'ordre de 40% pour du matériel totalement remis à neuf et garanti.

Article dédié à David :)

Parce que cette plume ne peut souffrir d'une encre odieuse

Ma collègue et amie Plume,

La vivacité et la légèreté sont les ailes de ta pertinence.
Or l'impertinence de ton style semble heurter les parangons d'un modèle pourtant à remodeler.
Ces néos oublient que le forum est archéologiquement parlant un espace ouvert. Comme devrait l'être notre métier.
Ceux qui rêvent de partages et d'interactions constructives bâtissent des agora où les vents contraires et convergents se mêlent. Je suis honoré de partager le quotidien professionnel et amical de Plume. Et dans ce domaine, comme dans d'autres, il n'y a pas de plafond.

Je poste ici le commentaire que je souhaitais ajouter à son dernier article.

"Ce billet est très bien écrit. Et je ne peux qu'adhérer au constat dressé. 
Enseigner seul, dressé devant ses élèves comme un capitaine est aussi pathétique que la posture de John Edward Smith devant l'inéluctable impact.
La richesse de notre métier est d'abord de partager. Ce qui implique ouverture. Autant auprès de nos collègues que de nos élèves. Ils ont beaucoup à nous apprendre. Même Kévin qui ne comprend pas pourquoi on lui enseigne et du français et de l'histoire.

Le forum évoqué par Plume est un sac de plomb. Y sont déversées amertume et frustration. Logique : bon nombre d'enseignants sont venus à ce métier avec un fantasme du prof. Modèle dépassé depuis longtemps. Modèle tenant même du personnage conceptuel : sur une estrade, l'enseignant dans son magistère, nourrissant la plèbe de sa science infinie et incontestable.

Or, n'en déplaise aux néo-profs (nouveau n'étant pas toujours synonyme de renouvelé), cette posture ne peut qu'être source de souffrances et d'échecs. Et une fois encore, autant pour l'enseignant que pour l'élève! Affirmer que l'enseignant ne peut que travailler seul, c'est construire un mur. Et un mur des lamentations.

Malheureusement ces mots ne sont pas performatifs pour ceux qui se sentent insultés par la délicieuse plume de Plume. Car nous parlons ici d'illusions aussi solides et obscures que du basalte. Alors que le kaléidoscope cristallin est bien mieux adapté : solide oui, mais ouvert à la grande et riche diversité des autres."

La quadrature du e

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Encourager mes élèves à être plus autonomes. Ok

Embarquer les nouvelles technologies dans le quotidien pédagogique. Ok

Enrichir les interactions par une culture du réseautage. Ok.

Étendre ces mesures pour en faire un projet d'établissement. FAIL

Voilà la quadrature du e. L'éducation renouvelée semble s'accommoder de l'isolat au sein de l'etablissement. Mais ne parvient pas à étendre son eco-système. Comme butant sur un pH acide, l'éco-système collaboratif et numérique voit sa croissance ralentir dès lors que les oligoéléments viennent à manquer dans les espaces analogiques magistraux. 

La mécanique est complexe. Les dynamiques facilement réorientées. La migration pédagogique est un processus parfois long qui implique des efforts permanents. Notamment d'adaptation. Pour passer d'un cours magistral à une co-construction par exemple. Et quand l'éco-système pédagogique semble stabilisé, la moindre injonction venue d'un monde qui s'est coupé des impératifs culturels peut figer, si ce n'est pétrifier dans le calcaire, les avancées. 

Le e est un cercle accompli. Une jolie boucle qui arrondit angles souvent aigus des difficultés scolaires. Encourager est nécessaire. Embarquer les eLèves pour les engager véritablement dans la construction de leur savoirs et savoir-faire. Enrichir la culture, qu'elle soit analogique ou numérique. Et étendre le cercle dans un esprit des collaboration et de co-construction. 

Le e est éducatif et numérique. J'en appelle à un eWorld : un monde éducatif ouvert, de la classe au monde, en passant par l'école, grâce aux bénéfices du numérique. 

L'inertie des marins pétrifiés

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 Désagréable sensation que de ne pas voir le radeau avancer alors que l'on souffle à pleins poumons dans les voiles.

Epuisante traversée quand on rame avec le coeur quand le courant semble faire reculer l'embarcation à chaque instant.

Fatigue inachevée pour une course de fond sans relais.

Et pourtant, ensemble, tant pourrait être fait. La somme de nos énergies. La démultiplication de nos idées. Le souffle d'un progrès toujours recherché. Même les tumultes du quotidien ne devraient pouvoir ralentir notre marche vers un accomplissement.

Mais le plomb l'emporte. Sans pouvoir être changé en or. De tout son poids. De toute son inertie. Le bateau ploie. Quand le sentiment d'échec est une pluie fine qui traverse même les peaux les plus endurcies.

L'inertie. La peur. Le conservatisme... La résistance est une donnée physique, et intellectuelle, consubstantielle à l'être humain. Pourquoi prendre le risque de perdre ce que nous avons aujourd'hui. Même si ce que nous avons n'est pas satisfaisant. Tel le capitaine n'osant prendre une route nouvelle de peur de se risquer aux confins du disque.

Comprendre oui. Accepter, non. D'autant que la confrérie s'est bâtie une réputation de guilde aventureuse et progressiste. A croire que ces récits de pédagogies nouvelles sont aussi fantasmagoriques que l'histoire de Moby Dick. 

Ici, on ne chasse pas la baleine. La baleine est notre incarnation. Echouée sur les rives du défaitisme. Loin de ses eaux légères de l'enthousiasme. Privée de son plancton, l'innovation. Seuls quelques spécimens osent encore le chant du rêve. Cette mélodie qui réchauffe le coeur et qui sait porter dans les océans les plus reculés la polyphonie ; la disonnance ; l'expérimental.

La mélopée est un piège. Filet tendu. Masqué sous ces heures de complaintes orchestrées par des représentants champions du constat. Mais qui n'osent comme perspective que le chemin éculé  du débrayage ou du boycott. Alors que notre navire a besoin de prendre de la vitesse, tel le road runner de Chuck Jones. 

Navire de luxe. Insubmersible. Mais cargo au passé fantasmé. Où les troisièmes classes pouvaient prétendre à la première. Où les canots de sauvetage étaient inutiles pour ce parcours indifférencié. Pourtant semé d'icebergs. Où les paroles ex cathedra du matelot suffisait à traverser les eaux déchaînées.

Désagréable sensation d'être perché sur le ponton. Jumelles sur le nez. Voyant l'iceberg. Sifflant, hurlant, tweetant l'alerte. Entendant au loin les échos d'autres marins conscients de la necessité d'un virage à gauche.

Epuisante traversée cérébrale pour trouver des chemins de traverse. Ne voulant pas fuir alors même que les sirènes, au délicat parfum de pomme croquée, sont d'un charme à faire chavirer tous les Ulysse de la koiné.

Fatigue inachevée d'un haut-le-coeur quand le coeur dicte à la raison de s'accrocher, vomissant sur les diatribes des nouveaux marins, dont le forum est digne de la fosse pédagogique des mariannes, et sur les lamentations qui entravent.

Billet dédié à ma Pénéloppe de Lotharingie qui pleine d'humanité est aussi la reine des humanités. 

Et vous êtes prof de techno?

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 Aujourd'hui le collège recevait des élèves de CM2, potentiels 6ème pour notre établissement. Exercice périlleux. Il s'agissait de promouvoir notre savoir-faire sans pour autant sur-jouer, ce que les 6ème actuels n'auraient pas manqué de pointer. 

J'ai donc cherché à faire comme d'habitude : travailler en équipe, mélanger les modes d'expression, intégrer les TIC pour que cela en soit naturel...

Au menu, une activité hors-cadre par rapport au chapitre en cours. Sans pour autant être en totale rupture. Il s'agissait pour les élèves de fabriquer leurs capsules temporelles numériques. Derrière cette expression idéale pour briller lors d'un repas dominical (surtout s'il y a parmi les convives des fans de Marty et du convecteur temporel...) se cache un jeu d'enfant : réunir dans une boite, souvenirs personnels et références à l'actualité afin de redécouvrir l'ensemble bien des années plus tard. Qui parmi vous n'a jamais caché, au fond de son jardin, une petite boite avec quelques jeux fétiches voire même une pièce de dix francs pour espérer redécouvrir le tout une fois la retraite arrivée?

Capsules temporelles donc. Mais numériques. Nous ne sommes pas dans la i.Classe 204 pour rien. L'activité se décomposait en trois fois 15 min. 

Lors de la première phase, les élèves des différents groupes (composés de 3 à 6 individus) devaient, crayon et papier en main, rédiger leur biographie en quelques lignes. Cette étape fut l'occasion de pointer que nous avions une naturelle tendance à amplifier certains faits. Mais à en étouffer d'autres... 

La seconde phase fut consacrée à l'actualité. Chaque groupe disposait de journaux locaux papiers (Nord Éclair et la Voix du Nord pour ne pas les nommer) mais aussi d'un accès à internet pour fureter sur les journaux en ligne. J'avais à cette fin préparer le terrain avec des flux RSS pré-configurés. En fin d'étape, les élèves ont constaté que leurs centres d'intérêts n'étaient pas identiques : certains préférant les faits divers sordides, tandis que d'autres se jetaient sur les pages sport. Je n'ai pas manqué de les interpeler sur leurs choix et les implications : quel passé construisaient-ils par leur sélection d'informations?

Enfin, la dernière phase fut consacrée à la numérisation. Avec les iPod touch, les différents groupes se sont enregistrés. Chacun devant sauvegarder sa biographie. Tandis que de manière collégiale, les choix de l'actualité étaient numérisés en multimédia : photographies d'articles, notes écrites et vocales...

Afin de sauvegarder les productions, chaque capsule fut enregistrée sur le serveur de la classe et sera aussi envoyée aux professeurs des écoles présents durant la séance. 

Que ces derniers ont-ils justement pensé de l'expérience? 

Je pourrais résumer ainsi. Tout d'abord, l'une des collègues m'a demandé si j'étais professeur de techno... Garps. L'intégration des TiC reste pour certains collègues une affaire trop sérieuse pour être confiée à un prof de sciences humaines. Puis, de manière générale, les collègues semblent avoir été ébahis. Le mot "exceptionnel" revenant à plusieurs reprises. 

Justement non. Ce cours n'avait rien d'exceptionnel. Les élèves de CM2 ont, de suite, été à l'aise avec les outils. Je n'ai jamais eu à expliquer comment utiliser l'application Dictaphone ni à montrer comment supprimer un cliché loupé dans la photothèque. Le timing a été respecté et les groupes sont parvenus à se respecter les uns les autres pour ne pas gâcher les prises son. Enfin, l'écriture numérique n'a pas pris le pas sur l'écriture analogique, les élèves jonglant entre les médias. Trouver cela exceptionnel est juste le reflet d'une approche pédagogique encore timide en ce qui concerne la construction collaborative du savoir et l'usage des TIC pour y parvenir. 

BYOD.

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Certains phénomènes sont révélateurs de mutations pédagogiques bigrement intéressantes. Depuis quelques semaines, et dans mes cours, et dans ceux de ma charmante collègue @plumeauplafond, le BYOD s'est installé comme une pratique "qui va de soit". 

Mais qu'est-ce donc que ce BYOD? 

Acronyme pour Bring Your Own Device, littéralement "prends ton propre matériel". 

Pourquoi ce BYOD?
C'est incontestablement une double-réponse

Réponse à une intégration des TIC dans les cours devenue si naturelle que les élèves y retrouvent des automatismes quotidiens. Et dans cette perspective, apporter son matériel habituel est comme une extension du quotidien au sein de l'espace pédagogique. Je ne peux que me réjouir de cette fusion des espaces : le contenu des cours ne peut que mieux infuser si la classe devient un sorte de "home sweet home" pédagogique. 
Et c'est aussi, il ne faut pas se voiler la face, une réponse au manque de matériel dans la salle de classe. Avec un iPod touch pour quatre élèves, il est incontestable que je suis un peu sous-équipé. Les élèves, de ce point de vue, se montrent patients et compréhensifs. Ils savent combien de temps il aura fallu pour obtenir ce matériel. Et ils savent, par ailleurs, bien se repartir les tâches pour que ce matériel soit toujours un plus. Et non un frein. Mais voilà, si nous pouvions disposer d'un peu plus, cela faciliterait les démarches. D'où le BYOD : très vite, des élèves ont demandé l'autorisation pour ramener leur matériel, iPod touch, smartphone, tablette ou notebook. Je confesse que ma collègue et moi-même avons été surpris par le taux d'équipement de nos élèves. Alors même que nous enseignons dans un milieu social difficile. 

Quels apports concrets au quotidien?

Ce qui me semble le plus important c'est l'engagement de l'élève. Et de ce point de vue. Le BYOD est un apport majeur. En effet, l'élève s'implique d'autant qu'il est à l'aise avec un outil qu'il connaît bien. À tel point qu'il y retrouve ses fichiers, son fond d'écran, ses messages... C'est aussi l'occasion d'une responsabilisation. Apporter son appareil ne signifie pas jouer à Angry Birds pendant le cours (du moins pas pendant les activités qui nécessitent concentration et travail). Mais montrer que l'on sait faire la part des choses entre les différents moments qui rythment une heure de cours. Enfin, c'est aussi l'occasion pour l'élève d'intégrer davantage la logique collaborative. En effet, si j'apporte mon appareil, ce n'est pas pour me mettre en avant ou m'assurer de ma seule réussite. C'est bien pour aider mon équipe. Pour faire progresser le groupe. 

Ainsi, le BYOD est indiscutablement une composante essentielle de ma démarche collaborative : on progresse ensemble, apprenant à tirer profit des compétences des uns et des autres, échangeant dans un espace pédagogique multi-dimensionnel (horizontal, vertical, en diagonal, en inversant). 

Illustration : il s'agit d'une photographie montrant les appareils connectés, lors de mon dernier cours de 3ème, au serveur de la i.Classe 204, un modeste mais vaillant iBook G3 palourde sous Mac OS Panther :)

La classe dans le nuage

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iCloud est le service de "cloud computing" d'Apple. Pour faire simple, ce service propose à l'utilisateur de stocker sur les serveurs de la compagnie eMails, contacts, agendas, documents, photographies et sauvegardes de vos appareils iOS. Le tout en parfaite synchronisation. Ainsi, vous prenez une photo avec votre iPhone, celle-ci est pushée sur votre iPad ou votre Mac dans les secondes qui suivent. 
 
Sur la page dédiée du site web d'Apple, nulle mention d'une utilisation en milieu scolaire. Déjà loin est l'époque où la compagnie proposait PowerSchool, un superbe environnement numérique (ENT). Néanmoins, iCloud est vraiment tout à fait adapté au milieu éducatif. Je vous propose de détailler ici comment je l'utilise dans le cadre de la i.Classe 204. 
 
Rappelons le matériel utilisé : un iPad 2, sept iPod touch et une Apple TV. Le tout en relation avec un réseau wifi libre "i.Classe". Et maintenu par un PC relié au réseau pédagogique de l'établissement. 
Chaque appareil iOS utilise le même compte iCloud i.classe204@me.com. Pour des raisons financières, seuls l'iPad et un iPod touch utilisent la fonction de sauvegarde intégrale dans le nuage (ceci permet d'avoir une "image élève" sauvegardée hors de la classe). Apple offre 5go : tous les achats sur l'iTunes Store ne sont pas comptabilisés dans cet espace, ce qui laisse tout de même une bonne latitude. Mais ces 5go seraient insuffisants pour les sauvegardes de tous les iPod. 
Toutefois, tous les appareils utilisent la fonction de sauvegarde dans le nuage pour la suite iWork. J'y reviendrai dans quelques instants. 
 
Concrètement, qu'est ce que ce compte iCloud permet?
 
  • Chacune des classes dispose d'un agenda partagé et partageable : entre classes, avec les parents et l'administration. Les calendriers iCloud utilisent la norme webDAV, dès lors la question de la compatibilité ne se pose pas. Ainsi, les agendas Google s'accommodent sans mal d'un abonnement aux calendriers de la i.Classe 204. 
 
  • Un compte eMail est partagé. J'ai pensé utiliser des alias ou des comptes séparés mais finalement la logique d'un seul compte a créé immédiatement un esprit communautaire : chacune de mes classes est consciente de partager un espace réel et numérique. Ceci a eu un impact direct sur le respect du matériel et de l'espace classe. Ceci se retrouve aussi dans le respect des fichiers informatiques. 
 
  • En effet, l'ensemble des appareils partagent les documents. Les créations des élèves s'appuient notamment sur la suite iWork avec le traitement de texte Pages, le logiciel de présentation Keynote et le tableur Numbers. Sur chaque iPod, les applications de la suite utilisent une logique de dossiers : un dossier / classe. Mais ceci n'empêche pas les groupes d'accéder aux documents des autres classes. Je n'ai pas eu à constater de suppression de travaux. Je crois sincèrement que cette idée n'a jamais traversé l'esprit de mes élèves. Par contre, j'ai constaté une vraie curiosité : comparer ou tout simplement regarder ce que d'autres groupes ont fait est courant. Ceci aide certains groupes, qui plus faibles ou plus timides, ont besoin de se rassurer ou de s'inspirer de travaux déjà effectués. 
 
  • Ces travaux sont accessibles en dehors de la classe.  En effet, tous les documents créés sont sauvegardés dans le nuage et disponibles via un navigateur à l'adresse www.icloud.com. Mais il faut le mot de passe, qui lui n'est pas partagé. Pour cela, nous utilisons iWork.com, service de partage d'Apple. Ce service est toujours en beta. Et quelque chose me dit que ce service va fusionner avec iCloud, permettant de partager directement les documents lors de la création dans les apps iWork. 
 
Pour terminer ce billet, répondons à une question posée sur Twitter : le système ne serait-il pas trop Mac-centrique?
Il se trouve que sans Mac, on ne peut utiliser la fonction Flux de photos. Pour récupérer les clichés pris par les différents groupes, je passe donc par une bonne vieille connexion filaire avec le PC de la salle. Même si je ne suis pas un fan de cette solution, il se trouve qu'elle marche bien. Par ailleurs, lors de l'accès au nuage via un navigateur, les documents sont facilement lisibles sur un PC Windows ou Linux. En effet, lors de la sauvegarde dans le nuage, une copie pdf et Microsoft Office est réalisée. Ainsi, tous les documents créés sont lisibles hors des appareils iOS! Je précise au passage que la récupération des photos fonctionne autant sous Windows que sous Linux : un poste sous Ubuntu est présent dans ma salle. Il est utilisé aussi pour la récupération des clichés, les iPad / iPod étant reconnus par l'OS libre :)